Le maître du Kabuki

Nagasaki, 1964. À la mort de son père, un chef de gang yakuza, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki, forme épique du théâtre japonais traditionnel. Ce dernier croit au talent de l’adolescent et décide de l’initier à cet art aux côtés de son propre fils, Shunsuke. C’est le début d’un récit qui s’étalera sur 50 ans et racontera deux parcours opposés et finalement complémentaires.

Intitulé initialement Kokuhō (trésor national et, en l’occurrence, Ningen Kokuhō, trésor national vivant), le film nous fait pénétrer, en presque trois heures, dans le monde du Kabuki, théâtre traditionnel japonais dans lequel les rôles féminins sont tenus, pour des raisons historiques à peine présentées dans le générique de début, par des acteurs masculins appelés onnagata.

Deux jeunes adolescents sont pris en main par le père de l’un d’eux (Ken Watanabe), onnagata renommé qui a identifié chez son élève des qualités supérieures à celles de son fils. Dans cette société très codifiée, la tradition veut que la lignée familiale soit maintenue et cette situation sera la source des problèmes que rencontrerons les deux jeunes acteurs leurs vies durant. Entre la légitimité familiale de l’un et la légitimité artistique de l’autre s’installe une tension faite de liens et d’oppositions qui les éloigne et les réunit. La maladie héréditaire mettra un terme, au moins en surface, à cette tension. La suite fera du survivant un Kokuhō qui, comme Robert Johnson, aura atteint le sommet de son art après avoir fait un pacte avec le diable.

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