Les armes

Le bokken ou ken

C’est un sabre en bois façonné comme un katana : 
même longueur, forme, etc… Il en existe plusieurs modèles.

Celui en chêne blanc japonais est souvent utilisé pour la pratique de l’aïkido car sa fabrication donne une résistance particulièrement appréciée pour un entraînement intensif et constant. Il est utilisé dans les katas comme un sabre.

BokkenDans les écoles d’escrime du Japon médiéval, son emploi était très répandu pour des raisons d’économies et de sécurité.
 
En effet, l’utilisation du katana pendant les entraînements augmentait le taux « d’accidents mortels » chez les pratiquants. Cependant,  malgré l’utilisation du bokken,  la baisse des  effectifs se poursuivait car pendant l’exercice, les samouraïs ne retenaient plus leurs coups et le ken faisait des ravages sur les os des malheureux apprentis, 
multipliant les estropiés, les gueules cassées et autres invalides. 
D’ailleurs, le bokken est  considéré comme une arme à part entière et certains combattants renommés (Miyamoto Musashi, le célèbre bretteur japonais, auteur du fameux « Traité des 5 roues ») préféraient utiliser le bokuto (bokken) au combat en raison de son caractère impressionnant.

Sa longueur totale est de 105 cm ; elle peut varier en fonction des écoles.
 Il doit être façonné dans un bois feuillu (dur non résineux) tel que le chêne rouge ou blanc (akagashi et shirakashi), le chêne persistant, le chêne holme, le néflier (biwa), l’ébène (kokutan) ou le sunuke.

Caractéristiques importantes :

  • Qualité du grain (fin, lisse, serré, aux nervures longitudinales ininterrompues)
  • Absence de nœuds dans le bois
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Adaptation de l’arme (poids et longueur) aux besoins physiques et techniques du pratiquant.

En général, le centre de gravité se situe dans le premier tiers du bokuto, ce qui peut aussi varier selon les écoles.

Il se décline en trois formes :

  • Les koshi-zori bokken ont leur courbure plus près de la poignée.
  • Les torii-zori bokken ont leur courbure plus près du centre.
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Les saki-zori bokken ont leur courbure plus près de la pointe.

Deux utilisations :

  • La première consiste à utiliser le bokken comme un sabre pour l’entraînement : 
on le manie  avec les mêmes gestes qu’ un katana; c’est à dire de taille et d’estoc.
  • La deuxième plus spécifique au bokken : on l’emploie  avec des gestes de coupe (écrasements) appuyés.



Le jo


 ou jyo

C’est une des armes les plus ancienne de l’homme. 
Devenu jodo (voie du bâton) au Japon, cette forme structurée et codifiée du combat avec une hampe de bois est issu d’une défaite.

 En effet au dix-septième siècle, un samuraï de l’école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, très célèbre à cette époque, Muso Gonnosuké Katsuyoshi, fut défait en duel par le génie du sabre japonais, Miyamoto Musashi, auteur, entre autres, du fameux traité sur la tactique : Gorin no Sho ou Ecrits sur les Cinq Roues et considéré comme le plus grand sabreur du Japon médiéval. 
Souhaitant effacer cette humiliation insupportable pour lui, Muso Gonnosuké Katsuyoshi se retira sur le Mont Honman, dans la région de Kyushu (sud du Japon, près de la ville de Fukuoka). Après de longues recherches et méditations, il créa et codifia le jojutsu. La tradition veut que lors d’un songe, il eut la révélation de la discipline sous la forme d’un adolescent qui lui aurait dit : « touche les terminaisons nerveuses (le plexus solaire) avec un bâton rond… »

Enfin, le jo prépare aussi aux autres disciplines : telles que la lance (yari), la naginata (hallebarde). Certains katas ont été mis au point pour contrer un adversaire armé d’un sabre.

Le tanto

C’est une arme pratique que les bushis  portaient presque toujours sur eux pour se défendre. 

Discret et peu encombrant, on pouvait le dissimuler facilement.

tanto

En aïkido, il est en bois (ou parfois plus réaliste, en caoutchouc peint) et permet de travailler différentes parades pour neutraliser un attaquant à l’arme blanche.


Pour en savoir plus, consulter :

Aïkido, Techniques d’armes de Jean-Paul Moine et c°
Editions Bukiwaza